Communiqué – Au bout du rouleau, le communautaire en Outaouais se demande s’il y aura une piste

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Au bout du rouleau, le communautaire en Outaouais se demande s’il y aura une piste d’atterrissage

C’est la fin des fonds d’urgence COVID et les organismes sont laissés à eux-mêmes

5 mai 2021 – Suite à la sortie du budget provincial il y a un mois, qui eut l’effet d’une douche froide sur le communautaire, des regroupements représentant plus de 120 organismes en Outaouais se demandent si le gouvernement de la CAQ se réveillera avant le crash et affirment qu’il est encore temps de corriger les ratés du dernier budget.

Le ministère de la Santé et des Services Sociaux a décidé de ne pas renouveler les fonds d’urgence général de la COVID même si la 3e vague bat son plein, et que la détresse et les problèmes de santé mentale et psychologique s’intensifient tant au niveau de la population qu’auprès des travailleuses et travailleurs du communautaire. En plus du besoin de fonds d’urgences, les regroupements revendiquent une bonification immédiate et significative de la mission globale de l’ensemble des organismes d’action communautaire autonome de l’Outaouais.

Si le gouvernement a nommé que le communautaire jouait un rôle essentiel auprès de la population en temps de crise, il ne semble pas en mesure de les soutenir à sa juste valeur en l’ignorant complètement lors du dernier budget. Il est encore temps de corriger le tir. Les enjeux liés à cette crise seront ressentis pendant des années et les actions à date augurent mal pour la suite.

«Il faut que le gouvernement reconnaisse les organismes à leur juste valeur comme maillon essentiel au filet social québécois en finançant adéquatement et de manière récurrente leur mission,» s’impatiente Daniel Cayley-Daoust, Directeur général à la TROCAO. «Avant la pandémie, juste pour les organismes en santé et services sociaux en Outaouais, on estimait qu’il y avait un manque à gagner de près de 30 M$ par année. Avec les maigres annonces du budget, le communautaire ne voit pas de piste où atterrir et manque d’oxygène alors que le gouvernement de la CAQ lui retire son respirateur, les fonds d’urgence.»

«En itinérance en Outaouais, en plus des enjeux majeurs pré-crise, il a fallu complètement restructurer certaines approches à cause de la COVID et faire preuve de créativité avec les fonds d’urgence pour s’adapter rapidement à la crise,» explique Mélissa Roy, coordonnatrice du CRIO. «Dès le 1er avril, les fonds d’urgence prennent fin, mais les défis et problèmes persistent. Sans le financement, il faut mettre des gens à pied, il faut demander à des gens d’ajouter des tâches supplémentaires et se réinventer encore une fois. La situation est insoutenable et inacceptable.»

«Devant l’augmentation de la détresse psychologique causée par la pandémie, l’inaction du gouvernement dans cette situation est choquante et honteuse et les conséquences seront de plus en plus importantes,” déclare Mélanie Sarazin, directrice générale au ROCSMO. «L’aide et l’intervention additionnelles mises en place au cours des derniers mois ont été soutenant vu l’ampleur de la crise, mais auraient dû être bonifiées et pérennisées, mais la CAQ a choisi de couper les maigres vivres supplémentaires, déstructurant complètement le milieu.»

Les regroupements impliqués dans cette démarche sont :

  • Collectif régional de lutte à l’itinérance (CRIO)
  • Regroupement des associations de personnes handicapées de l’Outaouais (RAPHO)
  • Regroupement des organismes communautaires en santé mentale de l’Outaouais (ROCSMO)
  • Regroupement des OSBL d’habitation avec support communautaire en Outaouais (ROHSCO)
  • Table régionale des organismes communautaires autonomes de l’Outaouais (TROCAO)
  • Table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Outaouais (TROVEPO)

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